LE POUVOIR DU VERT

Cet article est une contribution au carnaval d’articles « En pleine conscience». Ses membres publient une fois par mois un article sur un thème commun. Ce mois-ci, le thème est « Le pouvoir du vert », proposé par Edith du blog Jardins & Voyages, ex-Tour In Garden et son article ” Les jardins et le bien-être”.

Le pouvoir du vert

Le pouvoir du vert, quelle idée pour un carnaval d’articles. Que peut-on dire sur le vert ? Et bien, vous serez surpris de la variété des sujets abordés par notre quatuor.

Et pour commencer, quels liens peut-on faire entre les voyages, les jardins et le pouvoir du vert dans le cas de Tour In Garden ?

Le jardin, c’est le vert, n’est-ce pas ? Bien et maintenant le pouvoir du vert !!!! Cogitons un peu :

pouvoir = force = puissance

Commençons par quelques définitions.

Le pouvoir, selon le dictionnaire Larousse en ligne, peut se définir comme  une « propriété, capacité qu’a quelque chose de produire certains effets »

La puissance comme une « force, intensité d’un phénomène“.

En quoi les jardins peuvent-ils avoir de l’influence sur nous, sur les visiteurs, sur les flâneurs, … ? Sur quelle partie de nous-même d’ailleurs ? Sur le mental, sur le physique ? …

Les jardins et le bien-être

Les jardins ont-ils une capacité quelconque à produire des effets sur l’humain ?

Visualisons un peu.

Homme forêt
Fermez les yeux. Imaginez-vous dans un jardin, un parc, entouré de verdure, de fleurs, de forêt ; sentez, ressentez, laissez-vous porter. Vous y arrivez ? Moi oui ! Vous êtes déjà sous l’influence de cette nature, rien qu’en l’imaginant.

Ne serait-ce qu’en faisant ce petit exercice de visualisation je me sens bien, apaisée. Alors, sautons le pas, allons au jardin, à l’extérieur. Ayé, vous y êtes ? Laissez parler vos émotions, vos sens :

  • vous ressentez la brise,
  • vous entendez le vent dans les feuillages,
  • vous sentez ses parfums de fleurs,
  • vous observez les oiseaux volant d’un arbre à un autre
  • vous pouvez même toucher, effleurer cette pelouse et sa rosée encore toute fraîche
  • et si vous mangiez ce brin d’herbe, comme lorsque vous étiez enfant !

Vous êtes bien, vous êtes sous l’influence de cette nature verte (et multicolore), vous êtes sous le pouvoir du vert !

Qu’en pensez-vous ?
Je pense que l’on peut appeler cela le Bien-Etre, n’est-ce pas ?

Voilà pour moi le premier pouvoir du vert, nous laisser porter par nos 5 sens et nous procurer, à nous-même, ce bienfait, tout simple.

Je vous vois aussi marcher le long de ces chemins champêtres, courir sur les sentiers forestiers, faire du vélo en pleine campagne, faire votre yoga matinal dans votre jardin ou rejoindre le groupe de Qi gong le matin dans le parc.

Bien-être dans la nature - Le pouvoir du vert

 

Et oui, combien d’activités sportives, de détente, de relaxation pouvons-nous pratiquer en pleine nature. Et quelles influences, ces activités combinées au bienfait de la nature, ont-elles sur nous ?

Que dit la Science des effets de la nature sur l’homme ?

NATURE, BIEN ETRE ET RECHERCHES SCIENTIFIQUES

De nombreuses études, à travers le monde, ont été menées sur les effets de la nature sur l’homme tant sur le plan physique que psychologique.

Les bienfaits physiques 

Dans leur ouvrage « Pourquoi la nature nous fait du bien » (Dunod), Nicolas Guéguenet Sébastien Meineri, deux enseignants en psychologie sociale à l’Université de Bretagne Sud, évoquent plusieurs études démontrant les bienfaits de la nature sur l’espèce humaine que nous sommes.

Prenons par exemple la première : celle de Bunn-Jin Park et al. en 2009. Ils se sont amusés à étudier les comportements de groupes d’hommes  face à mère nature. Un des groupes marche en forêt, l’autre en ville, durant la même période. Chaque personne se balade avec des appareils de mesure pour enregistrer la pression artérielle et le rythme cardiaque.

Résultats : la pression systolique n’a pas augmenté pour les marcheurs en forêt contrairement aux marcheurs en ville ; de plus, le nombre de pulsations cardiaques étaient plus élevées « chez les urbains ». Et ça signifie quoi en clair ? Et bien tout simplement que, selon l’endroit où l’on marche, les effets physiologiques sont différents. Marcher en forêt entraine une production moins importante d’hormones de stress que de marcher en ville.

La science vient donc prouver ce que tout marcheur savait déjà : la nature apaise.

Deuxième exemple d’étude que nous rapportent nos deux chercheurs français, celle de la Faculté de médecine de Tokyo. Elle aussi a étudié les impacts des balades en forêt sur l’homme. Une synthèse très récente des travaux de Quin Li (Li, 2010) prouve les effets bénéfiques des promenades et notamment leurs effets immunitaires. Avant et après chaque balade de 2 jours, les scientifiques mesuraient l’activité des cellules tueuses naturelles impliquées dans l’immunité (cellules NK : Natural Killer), cellules ayant une importante fonction de lutte contre les organismes étrangers et les cellules tumorales.

Résultats : non seulement les effets bénéfiques de la balade s’observaient le jour suivant la marche, mais encore 30 jours plus tard ! La même étude avait été réalisée dans un milieu urbain. Dans ce cas, aucun effet sur les cellules tueuses n’avait été observé.

Alors si vous voulez doper votre système immunitaire, vous savez ce qu’il vous reste à faire : direction Forêt.

Allez, une dernière : une équipe de chercheurs suisses a interrogé 164 habitants de Zurich sur leur niveau de stress, leur bien-être et leurs maux de tête avant et après une après-midi passée dans un parc en ville.

Résultats : les participants se sont déclarés moins stressés après la balade et les céphalées avaient diminué de 52 %.

 Alors, comme le disent les anglo-saxons : pensez à prendre votre dose de vitamines G (green), pour nous vitamines V (vertes) pour être ou rester en pleine forme !

Bon, et je vous ai promis aussi de vous parler des effets du vert sur notre psychisme. Qu’en disent les experts en la matière ?

balade byciclette nature

Les bienfaits psychologiques

Alors c’est prouvé, c’est certifié, c’est entériné : la nature procure des bienfaits physiques, chouette ! Mais nos amis chercheurs ne se sont pas arrêtés là. D’autres études viennent confirmer les effets positifs des grands espaces sur le psychique de l’homme.

Une étude menée par l’université du Queensland, en Australie, par exemple, a conclu qu’il suffisait de passer 30 minutes par semaine dans la nature pour lutter contre la dépression. Les données médicales de 1 500 Australiens de 18 à 70 ans ont été étudiées. Selon le Dr Danielle Shanahan, principale auteure de l’étude, 1/2 heure d’activité dans un parc chaque semaine pourrait diminuer de 7 % les cas de dépression.

Résultats : Les chercheurs ont pu constater que la nature offrait un bien-être physique mais également psychologique et social, réduisant non seulement l’hypertension artérielle, mais aussi la dépression, le stress et la fatigue mentale. 

De même aux Etats-Unis, le Professeur Bratmana, de l’Université Stanford, a mesuré l’impact de la nature sur notre façon de penser. Constatant que la rumination mentale (vous savez, quand on broie du noir en clair) pouvait mener à la dépression, il a étudié le cortex pré-frontal, zone du cerveau qui s’active dans le cas de ce mécanisme. Ici des groupes de promeneurs, ont été divisés en deux catégories. Un des groupes se baladait en ville, l’autre en forêt, pendant 90 minutes. L’étude du  cortex pré-frontal des promeneurs en forêt était moins actif que ceux qui se baladaient en ville. Ces premiers se sentaient plus libérés de leurs schémas de pensées destructrices.

Résultat : la nature permet de réduire le risque de dépression.

Toujours aux Etats-Unis, une autre étude sur le cerveau et la capacité à se concentrer et à réaliser des tâches intellectuelles a été menée en Californie sur 38 étudiants. Ils devaient écouter une liste de chiffres et la répéter en sens inverse. Les étudiants venus faire l’expérience dans le laboratoire en marchant dans le parc étaient plus performants que ceux qui avaient pris le bus.

Dans la même veine, une autre étude a mesuré l’effet des vacances prises dans un environnement naturel sur le cerveau. Les participants devaient relire un texte et en corriger les fautes. Ceux qui avaient passé leurs vacances dans les zones sauvages de Californie étaient plus performants que ceux qui étaient restés en ville. Cet effet se prolongeait même plusieurs semaines après la fin de la période de vacances.

Résultat : La nature a donc un impact sur la concentration et la qualité du travail intellectuel.

Alors, vous êtes convaincu ? Ca donne envie, quand même, de se promener un peu dans la nature quand on prend conscience de tous les effets bénéfiques que cela procure.

Ca y est, vous avez préparé votre plan d’attaque pour démarrer une nouvelle vie, encore plus saine ? Si non, c’est maintenant !

Et vous n’avez pas encore tout vu, ou tout lu. En effet, j’ai aussi découvert qu’il existait un courant  venu des Etats-Unis proposant des méthodes de guérison grâce à la nature.

Oui, oui, vous avez bien lu. De quoi s’agit-il ?

Horthithérapie - Tour In Garden

Le jardin et la thérapie

Dans les années 1970/1980, les professeurs en psychologie Rachel et Stephen Kaplan de l’Université du Michigan, spécialisés en psychologie de l’environnement, ont travaillé sur les effets de la nature et son impact sur la relation entre les hommes ainsi que sur sa santé en général. Leurs travaux sont devenus une référence en la matière. Ils ont mis en évidence le fait que le contact avec la nature permet un relâchement de l’attention directe et l’apparition d’une attention spontanée, appelée attention involontaire. Cette attention involontaire permet de percevoir et d’analyser les situations sans fatiguer les centres supérieurs de la conscience. Le fait d’être en contact avec la nature permet ainsi à l’individu de prendre une certaine distance avec ses activités et ses pensées.

Ils ont ainsi participé, à côté d’autres, à développer un des écoles de pensées autour des pouvoirs de guérison procuré par le jardin : celle du JARDIN GUERISSEUR (Healing Garden School).  Le jardin, en lui-même, le contact avec mère nature, permet la guérison.

Une seconde école de pensée est celle de l’HORTITHERAPIE (Horticultural Therapy School). Ici ce sont les activités réalisées au jardin qui participent à la guérison. Le jardinage guérit.  L’hortithérapie est définie, par l’Association canadienne d’Hortithérapie comme «la discipline qui emploie des activités horticoles, et d’autres activités connexes, afin de permettre aux personnes de participer à leur propre processus de guérison. »

Enfin, l’ECOLE COGNITIVE est la troisième école de pensée (Cognitive School). Elle mixe les deux approches précédentes. Elle inclut la personnalité et l’histoire du participant. Selon cette théorie, et les activités pratiquées au jardin et le jardin en lui-même avec ses formes, ses couleurs, ses odeurs permettent à une personne de restaurer une vision positive d’elle-même ainsi que de ses propres capacités.

L’hortithérapie n’est pas considérée comme une psychothérapie. En effet, elle ne tend pas à résoudre les problèmes intérieurs de l’individu ; son objectif est d’amener la personne à se responsabiliser, à retrouver sa santé, sa dignité par l’action, au jardin.

Aux Etats-Unis, au Canada – précurseurs en la matière – des formations universitaires, des programmes et des services se sont développés pour venir en aide aux personnes en difficulté. Le Royaume-Uni et le Japon ont ensuite développé des programmes. En France, l’état de cette discipline se développe petit à petit.

Les services proposés en hortithérapie

Des jardins botaniques, des hôpitaux, des maisons de retraite, des centres de réadaptation ainsi que des centres correctionnels ont mis en oeuvre des programmes d’hortithérapie en France. De l’enfant à l’adulte, chacun peut être  accompagné à un moment ou un autre de son existence grâce à cette pratique.

Ainsi un jardin thérapeutique va permettre de dispenser des activités de jardinage aidant :

  • à la motricité
  • à la stimulation des sens
  • à l’apaisement psychique
  • à la stimulation intellectuelle
  • à la réinsertion sociale

Il ne s’agit pas de soigner mais de soutenir la personne en difficulté par le bien-être procuré par le jardin, en complément de soins médicaux éventuels.

Vous voyez, le vert est très puissant ! Les voyages dans les jardins participent aussi à notre bien-être. Voyagez, visitez les jardins et prenez du plaisir.

Vous voulez poursuivre votre lecture ? Allez donc lire l’article sur les 5 plus fabuleuses rizières d’Asie ; le vert, toujours le vert.

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